Un projet vidéo pour immortaliser une rencontre

Francine Brunin est coordinatrice du centre d’expression et de créativité « Les ateliers du temps libre » à Woluwé Saint-Lambert. Elle a réalisé un court-métrage avec deux classes de Bruxelles dans le cadre d’un atelier d’expression qu’elle a présenté lors du Concours de Créativité Contre le Racisme en 2008.


Au départ, c’était d’abord un projet que j’avais envie de mettre en place avec des enfants. Le court-métrage est venu tout à fait après. On a conçu le projet et puis on s’est dit qu’il fallait absolument que l’on prenne des traces, des images, un moyen en tous cas de pouvoir rendre compte un jour de l’expérience que l’on avait vécue.

Avant de vous lancer dans ce projet, vous aviez des connaissances préalables dans le domaine audiovisuel ?

Non, n’ayant aucune connaissance dans le milieu audiovisuel, je me suis orientée vers des professionnels qui m’ont donné l’envie que ce projet se fasse aussi à l’intérieur de la classe, que le projet soit parallèlement pris en charge par les enfants, que ce soit au niveau de la prise de vue ou de la prise de son.

Deux classes autour d’un seul projet, ça fait beaucoup d’enfants. Comment avez-vous géré ce groupe imposant ?

L’ important, c’était que chacun y trouve son compte et donc dans une classe par exemple, nous avons fait la proposition à certains d’être comédiens et à d’autres d’être preneur de son, preneur d’images ou simplement suivre le storyboard. Ce qui était important, c’est que chacun trouve sa place.
C’est vrai qu’il y a toujours des enfants qui ont très envie de se mettre en évidence et qui se mettent facilement en représentation alors que d’autres sont parfois plus timides. Très vite les rôles se sont départagés tout en disant à chacun que tous les postes étaient très importants car si le preneur de son ne prenait pas le son correctement, ça n’allait pas ; si on ne suivait pas correctement le scénario, ça n’allait pas non plus. Au final, je pense que chacun y a trouvé sa part de responsabilité et, de ce fait là, se sentait important dans tout le processus.

Quels étaient les objectifs poursuivis tout au long de ce projet ?

C’était certainement la rencontre entre ces deux classes pour apprendre à mieux se connaître. Il y a eu des échanges entre les deux classes au niveau du visionnement et de la prise de son. Une classe a été filmer l’autre classe, il y a vraiment eu des échanges concrets et ça, c’était vraiment très important. Lors de chaque rencontre, nous avons fait des interviews des enfants, certains enfants interviewaient d’autres enfants sur ce qu’était le racisme pour eux, etc.
Le plus important pour nous dans ce projet, c’était le processus de cette rencontre, qu’est ce que ça leur avait apporté, comment voyaient-ils maintenant le racisme ou du moins la différence maintenant qu’ils avaient eu une approche avec les autres enfants. L’objectif premier n’était pas la partie audiovisuelle.

Deux ans après le tournage du court-métrage, quel souvenir en gardez-vous ? Envisagez-vous de renouveler l’expérience ?

Cela fait vingt ans que je suis dans le métier et c’est vrai que ce projet-là, on en parle encore maintenant. Quand je rencontre les professeurs avec qui j’ai travaillé ou bien même ici dans l’équipe, c’est un projet qui revient régulièrement sur la table. Encore dernièrement on a eu la possibilité de présenter le travail que l’on fait ici et ma directrice m’a dit : présente ton court-métrage ! Et donc je me dis qu’il faudrait que je pense un peu plus à mettre en place d’autres projets parce qu’il est encore dans les mémoires de tout le monde.

Propos recueillis par Jean-Paul Vitry

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