La presse en classe : témoignages

L’opération "Ouvrir mon quotidien" permet aux enseignants d’exploiter la presse écrite avec leurs élèves. Comment réagissent les premiers intéressés face à cette irruption de la presse en classe ? Entre l’expérience des vieux pistiers et la fraîche innocence des participants néophytes, voici quelques témoignages d’élèves et d’enseignants glanés au fil des écoles…

« Dans le fond, pourquoi aimez-vous recevoir le journal dans votre classe ? » La question est posée à une petite vingtaine d’élèves qui, chaque matin, se plongent dans les quotidiens pour deviser ensuite sur l’actualité avec le sérieux de parlementaires au déjeuner. « Moi, j’aime le journal parce qu’on peut le lire quand on veut et on peut choisir les informations qui nous intéressent » nous répond Lara, du haut de ses 11 ans. Derrière cette réponse franche et, pouvant paraître évidente pour le commun des adultes, l’enseignant aura rapidement relevé que, ce choix évoqué par la jeune lectrice, entraîne une intention de lecture spontanée. La lecture des titres, des chapeaux, la sélection des articles intéressants, le parcours du journal, la recherche des rubriques, du sommaire… vont développer des compétences qui permettront aux enfants de mieux comprendre l’information, d’identifier le contexte de l’article et le point de vue du journaliste.

Cela peut paraître anodin mais cette lecture fonctionnelle se révèle contagieuse à souhait. La presse écrite, support de lecture multiforme par excellence, offre un
inventaire illimité de contextes de lecture. Les articles, en fonction de la rubrique dont ils sont extraits, comportent généralement, soit une illustration, une photo légendée, un graphique, une carte géographique à l’échelle de l’événement
traité… Voilà qui permet de donner du sens aux apprentissages en montrant que le développement d’une compétence en lecture peut aussi solliciter d’autres compétences en éveil, en mathématiques…

Un média accessible

« Avec le journal, on apprend toutes les informations importantes qui se sont passées près de chez nous ou dans le monde ». Nous voilà à nouveau interpellés par cet avis pertinent de Maxime, 12 ans, dépité à l’idée que nos diables
rouges, fraîchement battus par la Serbie, ne participeront vraisemblablement pas à la prochaine coupe du monde…. En effet, le journal n’est-il pas le seul à structurer les informations locales, régionales, nationales et mondiales avec tant de clarté. À l’inverse, les médias que sont la radio et la TV présentent l’information de manière linéaire et éphémère, hiérarchisée le plus souvent en fonction de l’émotion que peuvent amener telles images ou tels témoignages. Les enfants apprécient « l’interactivité » qu’offre la presse écrite. Donnez la possibilité à vos élèves de comparer un journal parlé ou télévisé avec un quotidien de la presse écrite, vous serez étonnés de constater qu’ils auront bien mieux compris l’information présentée par le média « papier ». Cela peut paraître paradoxal comme l’appuie d’ailleurs Simon, bientôt 11 ans, qui décrète d’emblée que « Dans la rubrique « politique intérieure », il y a plein de mots que je ne comprends pas ! ».

Revenir en arrière

Et pourtant, les faits sont là et les enseignants qui ont expérimenté l’activité peuvent en témoigner. À l’instar du journaliste de la presse écrite qui, pour un événement précis de l’actualité, prend un recul inévitable et indispensable lors de la rédaction de son billet, le lecteur peut prendre le temps de lire l’information,
de revenir en arrière à cause d’un esprit vagabond (et Dieu sait s’il l’est chez nos jeunes lecteurs), de rechercher la signification d’un terme dans un dictionnaire, la situation d’un pays dans un atlas...

Bien sûr, les quotidiens de la presse écrite francophone ne visent pas, a priori, le public des jeunes et il serait utopique voire culpabilisant de vouloir à tout prix consommer les journaux chaque jour dans leur ensemble. Si les jeunes peuvent
prendre conscience de l’intérêt et des avantages de la presse écrite et se familiariser avec celle-ci pour y prendre goût et développer ainsi leur esprit critique, l’objectif essentiel est atteint. Si les enfants peuvent aussi se rendre compte qu’un journal n’est pas un autre et que les points de vue sur l’actualité
peuvent parfois se révéler différents d’une édition à l’autre, alors, on a tout à y gagner dans la construction de la citoyenneté et de la démocratie.

Mais laissons le mot de la fin à cette enseignante, convaincue par le bien-fondé de l’opération et inscrite à celle-ci depuis trois ans : « Cette opération est vraiment intéressante car elle remet l’information écrite au goût du jour. A l’heure où
l’actualité se confond avec la télé-réalité, la presse écrite en classe, c’est du pain béni ! ». Alors, à bon… lecteur, salut !

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